Mon 3008 et moi testons pour vous L’Olivier Assurance ;-)



Il y a des journées où l’on ferait mieux de rester au potager.

Le 19 juillet dernier, je circule tranquillement avec mon Peugeot 3008 sur une petite route étroite et en pente. Je monte, un camping-car allemand descend en face. La route est étroite. Très étroite. Trop étroite !!!! En tout cas pas assez large pour contenir simultanément un camping-car, un Peugeot 3008 et notre optimisme commun.

CRAC !

Les deux véhicules se croisent d’un peu trop près : le côté gauche du 3008 récupère quelques frottements dont il se serait volontiers passé. Lancé comme une balle, le camping-car poursuit sa route. Je m’arrête donc immédiatement, j’ouvre ma portière, je prends mon téléphone et je me penche pour essayer de photographier sa plaque.

Et c’est précisément à cet instant que mon cerveau, déjà très occupé à gérer le camping-car, le téléphone et quelques pensées que la bienséance m’interdit de reproduire ici, décide de déléguer la gestion de la pédale de frein à quelqu’un d’autre.

Mauvaise nouvelle : il n’y avait personne d’autre.

Mon pied glisse du frein, le 3008 se met à reculer, portière conducteur entrouverte, et celle-ci finit sa course contre le talus. Quelques secondes plus tôt, j’avais un véhicule flambant neuf. Quelques secondes plus tard, je me retrouve avec une aile rayée et portière conducteur bloquée. Trente années sans accident responsable pour parvenir à ce niveau de performance : il faut savoir être patient.

Un accident… ou deux ?

Je déclare donc l’ensemble à mon assurance, L’Olivier.

Pour le contact avec le camping-car, le constat ne permettant pas de déterminer clairement lequel des deux véhicules empiétait sur la voie de l’autre, la responsabilité est retenue à 50/50. Ce n’est pas spécialement réjouissant, mais je peux l’entendre.

C’est avec la portière que l’histoire commence à devenir intéressante.

Le 11 août, je reçois le rapport de l’expert. Les réparations liées au premier choc sont estimées à 1 963,17 € TTC. Ma portière, elle, figure bien dans le rapport, mais dans la rubrique « dommages sans relation avec le sinistre ».

Tiens donc.

Ce qui est assez remarquable, c’est que l’expert ne m’a jamais téléphoné pour me demander comment les événements s’étaient déroulés. Il a examiné les dégâts, constaté que la portière n’avait manifestement pas été endommagée de la même manière que l’arrière du véhicule, puis en a déduit qu’il s’agissait d’autre chose. J’apprendrai par ailleurs qu’il était débutant.

Qu’un expert débutant puisse se tromper ne me choque pas particulièrement. Moi-même, débutant en conduite portière ouverte, je venais de démontrer que l’erreur était humaine. Ce qui me gêne davantage, c’est qu’on puisse décider qu’un dommage est « sans relation avec le sinistre » sans même chercher à connaître la chronologie exacte de ce sinistre.

Car personne ne prétend que le camping-car a cabossé ma portière par télépathie quelques mètres plus loin. La question est tout autre : est-ce que deux dommages provoqués successivement, à quelques secondes d’intervalle, au même endroit et dans une seule séquence ininterrompue constituent nécessairement deux sinistres ?

À mes yeux, la réponse est loin d’être aussi évidente que semble le penser L’Olivier.

Je percute le camping-car, je m’arrête immédiatement à cause de cet accident, j’ouvre ma porte uniquement pour essayer de photographier le véhicule qui vient de me heurter, ma voiture recule et la porte touche le talus. Pas de reprise de circulation, pas de deuxième trajet, pas de nouvelle situation indépendante. Une seule mésaventure, dont j’ai certes réussi avec talent à aggraver moi-même les conséquences.

Bienvenue dans le merveilleux monde de l’assurance

Seulement voilà : dans le merveilleux monde de l’assurance, la réalité physique et la réalité administrative ne semblent pas toujours vivre dans le même univers.

Dans la première, tout s’est passé en quelques secondes.

Dans la seconde, il pourrait y avoir deux événements, deux dossiers, deux responsabilités et, pourquoi pas tant qu’on y est, deux franchises.

Et justement, ma franchise est de 730 €.

Un sinistre : 730 €.

Deux sinistres : potentiellement une deuxième franchise de 730 €, avec en prime un second accident dont je serais cette fois entièrement responsable.

On comprend tout à coup pourquoi la définition philosophique du mot « sinistre » mérite qu’on s’y attarde.

Pendant ce temps, l’expert me relance pour que je prenne rendez-vous avec le garage et fasse réparer la voiture. Moi, dans mon infinie prudence retrouvée, j’aimerais simplement savoir ce que mon assurance compte réellement prendre en charge avant que le carrossier commence à démonter mon 3008.

Je demande donc des explications. J’écris. Je réexplique la chronologie. J’attends.

Finalement, le 16 septembre, L’Olivier me répond : le choc avec le camping-car constituerait un premier événement et le recul avec la portière ouverte un second. Il faudrait donc déclarer un nouveau sinistre.

C’est pratique, un dossier d’assurance : lorsqu’un événement devient un peu compliqué, il suffit parfois de le couper en morceaux.

Sauf que je peine toujours à voir où commence réellement ce fameux deuxième événement indépendant. Entre le premier choc et la portière, il n’y a eu ni reprise de route, ni changement de lieu, ni retour à une situation normale. Seulement quelques secondes et une succession parfaitement identifiable de causes et de conséquences.

À défaut d’être très glorieux pour moi, l’enchaînement est quand même assez facile à comprendre.

Dernier épisode… pour l’instant

J’ai donc adressé aujourd’hui une nouvelle réclamation à L’Olivier.

Cette fois, je ne leur demande plus seulement de reconsidérer leur position. Je leur demande de m’indiquer la clause précise de mon contrat ou le fondement juridique qui permet d’affirmer que deux dommages ayant des causes immédiates différentes, mais appartenant à une même séquence accidentelle continue, doivent obligatoirement constituer deux sinistres.

Parce qu’au fond, c’est bien là toute la question.

Je reconnais volontiers ma part de ridicule dans l’histoire. Oublier d’immobiliser correctement sa voiture avant de se pencher dehors avec son téléphone n’entrera probablement pas dans le prochain manuel de sécurité routière. Mais reconnaître que j’ai fait une bêtise ne signifie pas accepter automatiquement qu’une seule mésaventure puisse devenir deux sinistres simplement parce que cela arrange mieux les cases d’un logiciel d’assurance.

D’autant que je possède un coefficient de bonus de 0,50 depuis plus de douze ans et que cela fait plus de trente ans que je conduis sans accident responsable. Réussir à transformer quelques secondes particulièrement mal inspirées en deux sinistres distincts serait donc une manière assez spectaculaire de rattraper le temps perdu.

Cette nouvelle réclamation constitue ma dernière tentative amiable avant une éventuelle saisine de La Médiation de l’Assurance.

Alors, ma portière appartient-elle au même sinistre ? Va-t-elle obtenir son propre numéro de dossier, sa franchise personnelle et peut-être bientôt sa carte Vitale ?

L’Olivier finira-t-il par considérer qu’entre le camping-car et le talus, il n’y avait finalement qu’une seule histoire ?

Ou découvrirai-je qu’en assurance, comme en physique quantique, un accident peut être à la fois unique dans la réalité et double dès qu’on ouvre le dossier ?

Affaire à suivre…

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